Richard Favreau et Monique Michaud
Production de légumes, fines herbes, fruits et fleurs comestibles certifiée biologique par Ecocert Canada
Spécialités pour une sélection de restaurateurs de fine gastronomie et Service d’abonnements-paniers sur le modèle ASC – COMPLET
« À la mesure de notre petite entreprise, nous collaborons à l’enrichissement de la banque de matière première avec laquelle oeuvrent les chefs de fine gastronomie. Nous cherchons à stimuler leur intérêt aux possibilités qu’offre la diversité végétale ainsi qu’aux valeurs culinaires des produits biologiques.
Ce travail de collaboration avec les chefs nous a valu, en 2006, le prix Renaud-Cyr, artisan producteur. »
Portrait de l’entreprise
La Ferme Val-aux -Vents est une petite entreprise agricole de 4,1 hectares dans une position de climat frais et venteux. Nous y avons remis en culture, dans le 4 e rang ouest de Saint-Valérien-de-Rimouski, un terrain laissé à l'abandon depuis 18 ans. Rien ne prédisposait cette terre à faire pousser des légumes; la topographie accidentée, le sol souvent mince et toujours pierreux avaient découragé les utilisateurs précédents qui jugeaient cette terre trop dure même pour y faire pousser du foin. Cette terre plutôt coriace semble aussi robuste. D’année en année, malgré une production intensive comme dans un petit jardin familial, elle devient de plus en plus fertile et demande de moins en moins de compost. Les rendements sont élevés et se comparent très avantageusement aux résultats des grands producteurs, malgré l’absence d’engrais et de pesticides chimiques. Après 14 années d’opération, l’entreprise exploite maintenant le plein potentiel du 1,3 hectare cultivable en production maraîchère certifiée biologique par Ecocert Canada.
La Ferme Val-aux -Vents produit, de juin à fin octobre, une très grande sélection de légumes, fines herbes, fruits et fleurs comestibles (185 sortes de végétaux, représentés par plus de 325 cultivars) à l’intention exclusive de six restaurateurs de fine cuisine régionale et d’une soixantaine de familles gourmandes, partenaires sous le modèle de l’Agriculture soutenue par la communauté (ASC). Nous sommes désolés d’avoir attisé votre curiosité mais, en raison de notre horaire surchargé, nous ne recevons aucun visiteur : la ferme n’offre pas de visite et ne tient pas de kiosque.
Croissance
Depuis notre projet initial de déshydratation de poireau en 1997, pas mal de désherbage a été fait! La Ferme Val-aux -Vents atteint désormais son plein potentiel de mise en production maraîchère, réussit à créer trois (3) emplois saisonniers par année, offre un lieu de formation unique en région et accueille une personne vivant une difficulté particulière d’intégration au marché du travail. L’entreprise assure aux jardiniers un revenu modeste, mais viable depuis 2004. Les quantités invendues ont toujours avoisiné le zéro, les restaurateurs sont de mieux en mieux servis et le service d’abonnements-paniers ASC affiche toujours complet.
Mosaïque des jardins et du paysage
L’idée d’une production maraîchère à Saint-Valérien est assez particulière et contraste avec le paysage agricole d’élevages, de champs de grain et de foin, qui laissent place à la forêt au fur et à mesure que l’on passe d’un rang à l’autre vers l’intérieur des terres. Notre curiosité pour les légumes nous a permis d’élaborer des jardins d’une grande diversité. Le paysage rural n’est donc pas que le reflet de la terre, mais aussi de ceux et celles qui l’habitent et s’en nourrissent.
Saison après saison, notre approche conjuguant savoirs ancestraux et nouveaux savoir-faire concrétise une nouvelle façon d’habiter le territoire, une nouvelle façon de produire quantité d’aliments pour ceux qui n’ont ni la chance, le lieu ou le temps, d’exercer ce noble métier de jardinier.
Chaque jour, pour ainsi dire, c’est la traite du jardin sans qu’il n’y ait aucune vache
Du regard d’un jardin naît le rêve d’un autre jardin. Quoique très manuel, notre métier sait satisfaire notre instinct de curiosité et stimule notre soif de connaissance. Nous poursuivons notre apprentissage au gré de lectures, cours de formation professionnelle et rencontres avec nos collègues. Nous souhaitons plus que tout continuer à explorer, par la relation avec les chefs et les partenaires ASC, les fruits de la passion qu’offre le monde des végétaux. On nous dit souvent : « L’hiver, après vos étés de fous, cela doit être assez tranquille! » Nous prenons le temps de souffler, mais démarrons des semis à partir de la mi-février car le contexte d’une saison de végétation courte du Bas-Saint-Laurent, où parfois il neige jusqu’à la mi-mai, oblige le recours à la transplantation si on veut pouvoir offrir quelque chose dès la fin juin aux restaurateurs. La saison des récoltes s’étale de juillet à la fin octobre. Pour Richard, la cueillette implique le choix d’un produit, mais aussi un inventaire continu, un regard prévisionnel du jardin tel qu’il sera dans deux, trois ou sept jours. Pour Monique, le lavage, le tri et l’assemblage demandent de l’attention, des gestes qui mettront le produit en valeur, un regard qui intègre les exigences des destinataires.
Le Club des Lombrics
La participation de nos partenaires ASC est toujours grandissante. Sur rendez-vous, petits et grands viennent (une demi-journée) relever un défi et trouvent les réponses à leurs questions : Pourquoi on cache les graines ? Comment grandissent les légumes ? Qu’est-ce que ça mange des légumes bio ? Pourquoi c’est bio ?
Le calendrier est adapté aux besoins de la ferme plutôt que l’inverse. En mai et juin, on manipule des objets bizarres, on sème des pommes de terre et des pois sugar snap. En septembre, on récolte les carottes et on fête les citrouilles. Si certains offrent leur temps pour réviser nos textes, d’autres partenaires collaborent à la construction de hauts tunnels ou l’installation de poteaux et de treillis. Côté jardinage, plusieurs participent au rempotage, à la transplantation ou au sarclage. P lus de deux cent heures de partenariat chaque année! Pour les partenaires, c’est une façon de garder le contact avec les jardins, de connaître les autres familles et de vivre une expérience enrichissante. Pour nous, l’occasion de les remercier de leur fidélité et de leur passion.
Gestion et innovation
Paradoxalement, notre façon manuelle quasi archaïque de produire s’appuie sur des outils modernes de planification. La gestion informatisée des ventes et des registres de culture (sur base de données) permet de modéliser la demande en tenant compte des informations détaillées des ventes, par période et par produit, pour chaque client. La Ferme Val-aux -Vents a été et demeure à l’avant-garde de certaines nouvelles technologies compatibles avec l’agriculture biologique, notamment avec les bâches flottantes pour la protection contre les insectes et l’augmentation des degrés-jours, ainsi que les hauts tunnels pour les tomates et des productions spécifiques de légumes asiatiques à haut rendement.
Vision d’avenir
La ferme est rendue au bout de ses clôtures, mais ceci ne bloque pas tout développement car l’observation du monde végétal apporte sans cesse des idées, de nouvelles recettes pour le mettre en valeur, en faire reconnaître son infini potentiel. Nous ne misons pas sur la quantité des ventes, maintenant que notre modeste viabilité est atteinte, mais désirons continuer à explorer les résultats de la passion que nous offrent les productions végétales par la relation avec nos partenaires chefs et familles.
Nous gardons aussi en tête l’idée d’augmenter notre capacité de production de produits à haut rendement par unité de surface ou, plus sagement, d’obtenir le même rendement en travaillant moins, mais mieux. Il est possible qu’une production particulière puisse faire l’objet de distribution à plus grande échelle, mais ceci reste à l’étape de recherche et développement. Il s’agirait de produits auquel notre sol, notre climat et notre façon de faire conféreraient une spécificité.
Notre implication dans le développement du Bio
Membres d’un réseau de producteurs et de productrices biologiques de l’Est du Québec (Avenue BIO de l’Est, avec Richard à la présidence depuis 2002), nous collaborons activement à un réseau d’échange, de formation et de mentorat auprès des autres fermes horticoles biologiques du Bas-Saint-Laurent. Nous avons été impliqués dans six éditions du Colloque régional sur l’agriculture biologique du Bas-Saint-Laurent et avons communiqué notre expérience à un public averti lors d’événements ou colloques régionaux en agriculture biologique. Nous répondons aux demandes d’information lors d’événements réunissant les intervenants du milieu agroalimentaire. Finalement, les stagiaires et employés qui travaillent avec nous repartent avec un bagage qu’ils mettront souvent à profit pour développer leur propre entreprise.
Notre implication dans le développement de la gastronomie du Bas-Saint-Laurent
Nous percevant comme des prospecteurs, nous considérons les chefs comme des joailliers et embrassons l’idée que leur interprétation de la matière première caractérise leur savoir-faire. Notre relation d’affaires s’appuie sur une diversité de produits, changeants d’une année à l’autre, d’une saison à l’autre, d’une semaine à l’autre. La production biologique, avec la limite qu’elle peut imposer à la vitesse de croissance des végétaux, confère une valeur gustative des plus élevées, une qualité soutenue également par l’état de très grande fraîcheur à la livraison. Les chefs soulignent que nos produits se distinguent avantageusement. Ils sont d’autant prêts à ajuster leurs menus à nos arrivages afin d’en profiter.
La relation chef-artisan, d’échelle aussi restreinte soit-elle, constitue un banc d’essai et d’expérimentation pour de nouveaux produits ou de nouvelles productions. Cette relation se situe donc en aval des nouvelles tendances culinaires et de l’émergence des nouveaux produits. D’autre part, la mixité de notre clientèle nous permet d’offrir à nos partenaires ASC des produits souvent exclusifs aux restaurateurs. Petits et grands ont ainsi l’occasion d’enrichir leurs connaissances gustatives par la découverte de produits inusités et plusieurs nous disent combien ils apprécient nos suggestions pour les préparer à la maison. Par cette approche, nous contribuons à la valorisation d’une alimentation saine à partir de produits biologiques et locaux.
La relation chef-artisan comme moteur de développement économique
Le désir des chefs de faire affaire directement avec des producteurs artisans crée un petit marché pour les nouvelles entreprises agricoles. De même, l’accroissement de l’offre régionale en produits fins distinctifs soutient le développement de la gastronomie régionale. Cette boucle de rétroaction positive a un impact certain : la valeur économique et culturelle d’un produit confié à un chef s’en trouve multipliée. De plus, les productions artisanales sont le plus souvent des activités agricoles à très fort rendement par unité de surface et constituent une alternative intéressante pour le développement régional. Elles constituent un moyen de freiner le dépeuplement des zones rurales causé par le déploiement des monocultures industrielles mécanisées sur de grandes surfaces. En quelque sorte, les productions artisanales restaurent la place des humains dans le paysage.
NOS ACTIVITÉS À VOL D’OISEAU
Savoir s’adapter au marché
1997 Production-déshydratation de poireau
1998 Variétés de légumes et fines herbes pour la restauration
1999 Augmentation du nombre de produits frais
2000 Abandon de la déshydratation et 1 ière Certification biologique
2001 à 2005 Agrandissement progressif des parcelles cultivées pour atteindre 1,2 hectare
Expérimentation de la technique des bâches flottantes
Essai d’un très grand nombre de variétés de légumes
Essai puis abandon de la vente aux détaillants
Clientèle variant selon les années, 13-40-65-83-60 familles et service à 5-8 restaurateurs
2006 à 2009 Stabilisation de la clientèle à une soixantaine de familles et à 6 restaurateurs
Stabilisation du nombre de variétés
Très léger agrandissement des parcelles en culture pour atteindre 1,3 hectare
Développement de cultures abritées sous moyens tunnels (serres non-chauffées),
puis expérimentation d’un plus grand tunnel.
2010 Production intensive d’une très grande sélection de légumes, fines herbes, fruits et fleurs comestibles (185 sortes de végétaux représentés par plus de 325 cultivars) pour six restaurateurs de fine cuisine régionale ainsi que pour une soixantaine de familles curieuses et gourmandes, sous le modèle de l’Agriculture soutenue par la communauté (ASC).
Toute la production est certifiée biologique par Ecocert Canada
Gestion et innovation
- La gestion informatisée des ventes et des registres de culture permet de modéliser la demande
- À l’avant-garde de certaines technologies compatibles avec l’agriculture biologique :
- bâches flottantes pour la protection contre les insectes et l’augmentation des degrés-jours
- hauts tunnels pour les tomates et des productions spécifiques
- collaboration annuelle à la prise de données avec le Réseau d’avertissement phytosanitaire du MAPAQ
Organisation du travail
- Entreprise peu mécanisée, petit terrain, production intensive et très variée
- Recherche de nouvelles variétés adaptées au climat et constante amélioration des méthodes de production
- Rotation des cultures et engrais verts permettant d’éviter les maladies et de nourrir le sol
- Fertilisation de compost, irrigation par tuyaux goutte-à-goutte (économie d’eau)
- Plantation, sarclage et récolte se faisant principalement à la main ou avec des outils manuels
- Petit tracteur-rotoculteur 12,HP petit terrain : une plus grosse machinerie ne tournerait pas au bout des rangs
- Récoltes manuelles, 5 jrs / sem., le matin même de chaque livraison pour garantir la fraîcheur des produits
- Traitement post-récolte (parage, refroidissement) dans une salle munie de baignoires, d'une chambre froide
- Le traitement post-récolte préserve la fraîcheur et assure le maintient de la chaîne de froid jusqu’à la livraison
- Parmi les 185 produits cultivés, de 40 à 70 variétés demandent chaque jour notre attention
- Club des Lombrics : participation des partenaires ASC aux activités de la ferme
- Création de trois emplois saisonniers par année
- Lieu de formation unique pour les étudiants en production horticole biologique
Calendrier de production
- Semis de transplants élevés sous fluorescents dès février, puis sous hauts tunnels (serres non-chauffées)
- Jusqu’à sept semis successifs pour les produits à croissance rapide
- 185 variétés et 325 cultivars à connaître et chérir : une courtepointe végétale étonnante…
- Plantation en mai et juin, entretien et sarclage intensif de juin à août
- Récolte croissante de juin à fin octobre
Mise en marché
- Service aux Restaurateurs de fine gastronomie et Abonnements-paniers ASC - COMPLET
- Nous assurons nous-mêmes la mise en marché au fur et à mesure des récoltes

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Ferme Val-aux-Vents, 468, rang 4 ouest, Saint-Valérien-de-Rimouski (Québec) Canada G0L 4E0
Courriel : rfavreau@globetrotter.net
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